Oui, bon, je sais, vous avez tous fait une grimace moqueuse en lisant le titre. Vous vous êtes dit que mon hymen s'est fait la malle depuis longtemps. Ce qui est vrai d'ailleurs, et ce n'était pas à cause d'un accident de vélo ou d'une pratique trop intensive de l'équitation.
Et ça fait tellement longtemps que j'avais même oublié que j'avais eu une première fois.
On s'est chargé de me le rappeler il y a une semaine.
Je vais déjà vous raconter la première fois, sinon ça va encore m'échapper.
Éteignez les lumières, sortez vos lampes de poches, vos cheveux gras et enfilez vos chamallows sur vos baguettes, je vous parle d'un temps ou je lisais OK et Miss avec mes copines, qu'on fantasmait trop à mort sur les pectoraux de Philip des 2be3 et qu'on gloussait en lisant les rubriques "La Méga Top Honte" dans je sais plus quel magasine en mangeant des Mister Freeze (je vous parle d'un temps que les plus de 30 ans et moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre. )
Donc voilà, j'avais presque 15 ans, c'était ma dernière semaine de collège, il faisait très chaud et on s'ennuyait dans la cour. Cassandre comptait ses points noirs avec un petit miroir de poche. Antigone chougnait parce que Léonce voulait pas aller lui rouler des pelles derrière le gymnase et Alceste était trop fier de son zippo. Moi je me demandais si en rentrant assez le ventre je pourrais rentrer dans cette super robe que Tori Spelling portait sur la couverture du magazine que je lisais quand Maixent est arrivé.
Maixent c'était le type trop beau à qui aucune fille n'avait jamais pu donner la main. Il ressemblait trop à Sébastien dans Hélène et les Garçons mais en plus jeune.
Quand il me parlait à moi c'était juste parce qu'il avait oublié de faire un exercice d'anglais et qu'il devait copier sur mon cahier. Sinon il restait avec les autres types trop beaux mais moins mystérieux toujours dans le même coin près de la loge du concierge. Nous on se mettait en face et on ricanait.
Donc Maixent est arrivé, il a posé la main sur mon magazine et il s'est approché tout près de mon visage. J'ai un peu paniqué parce que j'avais un bouton sur la joue gauche et j'étais pas sûre d'avoir mis assez de fond de teint.
- Framboise, faut qu'on parle. Il a dit ça à voix basse mais très fort. Assez pour que Cassandre en oublie son sébum et Antigone son Léonce.
J'ai regardé sa main sur mon magazine, et donc, sur mes genoux
(il me touchaiiiiiiiiiiit) et je suis remontée vers la figure de Maixent, l'air aussi blasée que possible.
- Tu veux quoi ?
- Toi.
J'ai viré aussi rose que mon prénom et jeté un regard furieux à Antigone qui gloussait d'excitation en griffant trop pas discrètement le bras de Cassandre qui bavait d'angoisse. Maixent les a superbement ignoré.
- Viens, je te parle ailleurs. En tout bien tout honneur hein.
Je suis venue.
- Écoute Framboise m'a -t-il dit une fois assis l'un à côté de l'autre sur le tas de tatamis de la remise du gymnase, faut que je te dise un truc.
- Ah.
-Tu vois, je déménage demain. Pour toujours, je ne reviendrais plus jamais ici. Et j'ai jamais osé te dire que je t'aimais bien en fait.
- Ah, c'est gentil.
(ne crie pas ne crie pas ne crie paaaaaas)
- Je peux te demander quelque chose ?
- Genre ?
(je sais pas quoi faire je sais pas quoi faire je sais paaaas quoooooii faaaire)
- Un petit cadeau d'adieu.
- Tu veux que je te suce ?
(ah si finalement je sais. )
(oui ça je faisais déjà, mais juste les potes de mon frère, c'est tout expliqué là.) - Euh... kkrrrr rueuhheuuu
- Maixent ?
- Nan c'est bon arrête de me taper dans le dos, je.. m'attendais pas à ça c'est tout. Je... t'es plus vierge ?
- Si. Enfin pas de la bouche mais le reste oui.
- Alors euh... On l'fait ?
- Là ?
- J'ai une capote.
- Ok alors.
5 minutes plus tard on ressortait un peu ébouriffés.
J'ai pas osé lui dire que j'avais pas senti grand chose. Je crois qu'il a pas osé me dire que je simulais mal.
Clotaire, Alceste et Agnan l'attendaient à la sortie du gymnase, en retournant m'asseoir avec mes copines j'ai vu Maixent qui leur montrait la capote qu'il avait dans la poche, et les deux autres ont juré et lui ont filé de la thune.
- Alors il t'a dit quoi ? M'a demandé Pénélope.
- On a fait l'amooouuur, j'ai répondu avec un air super heureux et mystérieux.
Cassandre est devenue complètement hystérique et la cloche a sonné.
La semaine dernière à une fête chez Iphigénie, une copine de collège justement, j'ai revu Maixent. Il était toujours aussi beau et mystérieux. Et toujours la tête de Sébastien d'Hélène et les garçons mais en plus vieux cette fois.
Il m'a dit :
- Framboise.
J'ai dit :
- Maixent.
- T'as maigri.
- T'as vieilli. Tu viens avec moi dans la chambre d'ami d'Iphigénie ? On pourrait parler...En tout bien tout honneur, évidemment.
5 minutes plus tard on ressortait un peu ébouriffés.