25 février 2009

Petits meurtres entre amis

Je suis déçue, blessée, effondrée.
Et ma foufoune est toute douloureuse tellement j'ai du forniquer hier soir pour me calmer, ( les volontaires pour venir me passer de la crème sur les lèvres et plus si affinité peuvent postuler dans les commentaires)

Je suis aussi furieuse et ça va pas se passer comme ça !
Mon frère est un abruti !
Et ses petits colocataires de blogs aussi.
Bon, pour Cl'm, c'est pas une grande nouvelle : ce type à le sens de l'humour d'une huitre dépressive et l'amabilité d'une porte de prison ménopausée. C'est dire s'il est amène.Quant à Calixte c'est mon frère et je l'aime mais des fois, il dérape et là il a fait fort.
Mais mon petit Gabriel, mon Graphopathe tout sucré, j'aurais jamais cru ça de lui.

Figurez vous qu'hier en allant lire son dernier billet, j'ai appris par blog interposé que Baptiste était de retour en France. Oui !  Mon ex, beau fort intelligent et super doué au lit que Calixte m'avait piqué. (Pour ceux qui suivent pas vous pouvez survoler ce billet-là ).
Donc, non seulement Calixte  me fait des cachotteries et je l'apprend par une maladresse de Gabriel, mais en plus mon frangin à été ignoble avec Baptiste et ça il s'était bien gardé de me le raconter.

J'ai eu des mots avec Gabriel hier soir, je me vengerais de son indélicatesse, mais il ne souffrira pas trop (il est trop mignon, j'y arriverais pas, et comme il m'a promis qu'il n'avait pas "vraiment" fait ce qu'il raconte, ça va) par contre j'essaie encore de joindre Calixte et lui, dès que je lui met la main dessus, il va regretter que Père n'ai pas subit une vasectomie après sa naissance.

Et si quelqu'un pouvait aussi me communiquer le nouveau numéro de Baptiste... Parce que c'est pas tout ça, mais il faut que je le récupère maintenant.

23 février 2009

Positive Role Model

Mais oui, je sais que je vous ai terriblement manqué. Me revoilà,  ne pleurez plus vous allez laisser des traces de morve sur le canapé.
Mais moi, la semaine dernière j'ai été super occupée.
Je n'ai eu le temps de faire du sexe que trois fois, c'est vous dire ! Alors écrire ici, laissez tomber.

Déjà, y'a un sale obsédé qu'a pas arrêté de me faire des propositions indécentes par e-mail, j'ai fini par céder. On en reparlera bientôt, mais l'odieux personnage n'avait pas précisé que par "donner de ma personne" il incluait une participation de mon cerveau.
L'ignoble.

J'ai travaillé aussi.
Ça me tombe toujours dessus aux moments les plus improbables ces choses-là. 
J'étais chez des amis, saoule juste comme il faut : juste assez pour justifier un comportement absolument indécent mais pas encore assez pour ne pas avoir pleinement conscience de mes actes, sinon c'est pas drôle. Le plus dur c'est pas d'arriver à cet exact niveau d'ébriété mais de s'y maintenir. 

Je faisais un striptease (j'avais perdu un pari) quand un type s'est amené, m'a tendu sa carte et m'a dit que j'étais la fille idéale pour un produit de sa ligne de fringues et que si je voulais je pouvais lui téléphoner quand j'aurais dessaoulé et que Mandarin (un copain) aurait fini de me lécher les fesses (il était très saoul, lui par contre, il bavait un peu trop).

Pas de chance (vous allez comprendre) le lendemain matin euh, midi...euh bref, en me réveillant, je m'en suis souvenue (la carte était glissée dans mon string, ça chatouillait un peu). J'ai téléphoné et le type, appelons le Henry, m'a donné rendez vous pour un shooting le lendemain.

J'étais trop heureuse, je me suis ruée chez l'esthéticienne qu'elle chasse le moindre poil sur ma personne et me fasse une peau si éblouissante que les flashs des appareils en deviendraient superflus.

J'étais super impatiente !

Je me voyais déjà dispensant mes charmes dans une campagne bien glamour.

Je souriais béatement en me projetant, sensuellement glissée entre les pages glacées du prochain Citizen K.

J'imaginais les copains de mon frère se masser à mes pieds, mendiant mes faveurs et un autographe sur la couverture du dernier Vogue.

Oui ! Tout ça ! En arrivant au studio, je me faisais presque pipi dessus.
Henry m'a salué et m'a tendu les "vêtements" avec lesquels je devais poser.
...
...
...

Vous me trouverez dans le prochain catalogue de la R*doute aux pages chaussettes en acrylique aux couleurs criardes

Non, je ne suis absolument pas vexée.


Image : American Apparel

15 février 2009

David au pays des Merveilles

David nous en veut.

C'est presque pas de ma faute.

Dans un monde parfait (pour lui) ce pauvre David ne serait pas notre voisin. Et avec un peu de chance, sa régulière ne serait pas de l'acabit de Griotte. D'accord, elle est d'une beauté sans pareil (comprenez : elle a un corps de rêve et elle le prête à quasiment n'importe qui) mais malheureusement ses parents ont tout mis dans le contenant et niveau contenu, ça pêche un peu.
Donc quand David pour une raison x ou y a besoin d'une cavalière qui sait se tenir ou tenir une conversation, voire les deux en même temps, c'est plutôt à moi qu'il demande. J’aime bien : il paie en nature.

Avant-hier, il a sonné. J'ai ouvert.
- "Griotte donne son bain à Poupoune," je l'ai interrompu avant même qu'il n'ouvre la bouche, "Tu peux aller te regarder un porno."
- "Framboise, c'est toi que je venais voir."
- "J'ai pas vraiment envie de sexe aujourd'hui, je suis de mauvaise humeur."
-"Tu pense à autre chose des fois ?"
- "Pourquoi faire ? "
- "Ne pas systématiquement passer pour une nymphomane par exemple. Tu es libre demain soir ? J'aurais besoin de tes services."
- "Demain c'est la Saint-Valentin... Oui. Je suis libre. Faudrait que j'arrête les hommes mariés, un de ces jours. Call-girl ou infirmière ? "
-" Call-girl... "
- "C'est un bon restaurant ?"
- "Oui, le Pré Catelan, ça t’ira ? C'est professionnel, je rencontre un espagnol, il vient avec sa femme et son interprète. Il m'a demandé de venir avec ma petite amie et si possible quelqu'un pour son interprète, histoire de..."
- "Ben on a qu'à prendre Griotte", j'ai pouffé.
Il a continué, imperturbable :
- "J'ai personne de libre, t'as pas une amie présentable et bien élevée qui pourrait faire l'affaire et venir avec toi ? Du genre Phryne."
- "Ça m’étonnerait que Phryne accepte de jouer les geishas mais je vais voir avec le reste de mon carnet d'adresse. T’as même pas une vieille ex pas trop fripée à ressortir ? "
- "Demain, 19h30, chez moi, a soupiré David et il est parti. "

J'ai l'impression que ses jolies épaules s'étaient un peu affaissées entre le début et la fin de notre conversation.

Le problème c'est que j'ai rien trouvé.

Entre les copines pas sortables parce qu'incapables d'appeler une soirée "réussie" si elles n’ont pas roulé sous la table avant minuit, celles trop guindées, et celles pas libres (le soir de la Saint-Valentin fallait pas trop y compter quand même), c'est avec une Griotte au crâne bourré de recommandations que je me suis présentée chez David (je lui avais aussi écrit une règle sur chaque paume : « Tais toi » et « Ferme la bouche quand tu mâches », ça me semblait primordial) .

Il m'a fait les gros yeux mais n'a rien dit. Ça, je le dois à Griotte, elle lui avait fourré la langue dans la bouche.

- "Je te préviens si ça tourne au vinaigre, je t'en tiendrais pour entièrement responsable", m'a finalement murmuré David dans le taxi, caché derrière le mouchoir dont il se servait pour essuyer le rouge à lèvres dont l’avait tartiné sa blonde.

La soirée avait plutôt bien commencé. J'étais en charge de mettre l’interprète à l'aise, ce fut simple, il était plutôt mignon, très gentil et les quelques brides d'espagnol de chambre à coucher que je lui glissais à l'oreille quand j’en avais l’occasion semblaient l'amuser prodigieusement.
J’ai vraiment cru qu’on allait y arriver. David paraissait s’en sortir à merveille et de mon côté j’étais bien partie pour finir la nuit avec l’interprète, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas fait un bel Hidalgo.

D’accord, gérer Griotte demandait un peu de concentration mais je m’en sortais :
Je faisais du pied au charmant Arsenio d’un côté tandis que de l’autre, j’écrasais les orteils de Griotte dès qu'elle faisait mine de commencer à parler. J’arrivais en même temps à suivre la conversation hautement soporifique des autres convives sur les raisons de la résurgence de l'onirisme dans les pratiques du design graphique. C’était pas super intéressant mais c’est toujours bon d’écouter ce genre de blabla, histoire de pouvoir ressortir deux ou trois références à une date ultérieure, (pour draguer des galeristes pendant les vernissages par exemple.)

Le plus dur fût au moment du plat principal quand cette bêtasse de Griotte a commandé avant moi. Le homard. J’avais pas super envie de sentir la marée à pleine bouche lorsqu’il serait temps de rouler des pelles à Arsenio mais j’ai dû prendre la même chose, de peur que Griotte ne s'emmêle les pinceaux et ne finisse par éborgner à coups de « pinces croustillantes » la femme du futur employeur de son mec. Au moins en cas de doute, elle pouvait copier sur moi.

On y était presque ! On allait passer au dessert quand soudain Griotte m’a regardé et a demandé :
-"Framboise c'est quoi l'onirisme ? "
J’ai fait très simple :
- "C’est comme les rêves. Et certain artistes s’en servent dans leur travaux. "
Elle a explosé de rire, envoyant par la même occasion quelques fragments de chair de homard dans le décolleté de la Señora qui, très stoïque, n’a pas protesté.
-" Rooh rooooh !!!"
- "Non Griotte, non !" Je l’ai pressée, mais c’était trop tard, ses deux neurones s’étaient connectés.
-" Rooh t’imagines si y’avait quelqu’un qui faisait un truc avec le rêve que j’ai fait avec David ? Tu sais celui où on est dans Alice au pays des Merveilles, et je suis Alice et David c’est le lapin, mais il est tout nu, et …"
-"Non Griotte non… "
- "Et… et… "
Elle a eu un hoquet, j’ai cru qu’elle allait s’étouffer, que j’allais pouvoir l’emmener au toilettes et ce serait oublié, mais elle a dégluti et continué :
- "Et son zizi c’était Poupoune. Le furet, Poupoune. Tout vivant et qui bougeait…"

David a viré écarlate. Arsenio qui par conscience professionnelle, ou par simple réflexe, avait tout traduit jusque là s’est interrompu. Le couple d’espagnols gardait leurs bouches ouvertes mais aucun son ne sortait.

Un silence extrêmement gêné s’est installé à notre table et aux tables voisines (Griotte parle très fort.)

Elle a sentit qu’elle avait dit quelque chose de mal. Quel instinct…

Elle a tenté de se rattraper en se tournant vers un David statufié de honte :
- "Enfin, c’est pas comme si en vrai t’avais une bite aussi grosse et poilue. Enfin, elle est douce aussi, et grande mais… "

Je sais que j’aurais dû intervenir avant. Je sais pas, faire quelque chose de moins dramatique, mais suffisant pour détourner l’attention, mais elle se tenait tellement bien depuis le début que j’avais baissé ma garde. Et puis, non ! Je mens ! En fait, c’était juste trop drôle.
Mais comme le patron d’Arsenio lui faisait signe de traduire j’ai quand même pris les choses en mains.
- "Griotte, t’improviser muse pour David est fort louable mais je préfèrerais que tu m’accompagnes une minute, j’ai besoin de ton aide. "
- "On va aux toilettes ? T’as tes règles et t’as pas de tampax ?"

J’ai pas répondu, j’essayais de pas rire. David avait cessé de respirer depuis presque une minute, Arsenio était rubicond et l’espagnol faisait déjà signe au serveur. Si je me mettais à rigoler ça allait tourner au pugilat.

Nous sommes sorties des toilettes 10 minutes plus tard, le temps que je me calme : la table avait été débarrassée et David nous attendait dehors.
Je crois qu’il pleurait.

Et moi, j’ai fini furieuse en réalisant qu'Arsenio n’avait pas eu l’occasion de me laisser son numéro.

Images :Tim Walker "Dream and Magic" in Vogue Italia August 2007

10 février 2009

slt c moi Griotte :D

Kikou, ^^
Moi c'est Griotte, je croi que Framboise à déja parler de moi ici, et de <3 Poupoune <3  aussi.
alors en fait Framboise est un peu malde aujourdui, T_T . Elle ai resté dans son lit tout la journée. et toute seule et ça c'est un peu bizzare.

Alors je lui ai dis que je m'ocupait de tout pour elle, parce  que d'habitude c'est elle qui est tro gentile avec moi quant je suis malade; -_-
tou ta l'heure je lui ai fais a mangé et je me suis souvenu qu'elle voulai posté des recetes ici. Alor comme j'est di que je l'aideré, je vais mettre ici les recetes de ce que je lui ai fais

alors en fait, je lui ai fais de la purée.

Pour faire de la puré il faut faire chauffer de l'eau comme c'ai dit sur la notice, il faus faire bien attention a mettre la bonne qantité d'eau des fois sa change quand c'est pas la même marque que la dernière fois. Après, on met les flocons et on remut. C'est pa tro dur mais je vous met une photo quand même on sais jamais !! ;-)

Quand c'est près vous pouvez mettre de la margarine dednas pour que se soi meilleur et de la moutarde , la toute jaune fluo pour les hot dog , mais comme c'était pour Framboise, j'ai fait joli j'ai mis du coloran rouge dedans. lolilol

pour la viande, j'ai fait des saucisses, alors la c'est pas dur du tout, vous mettez la boite de knackie ball dans le micro onde et vous chauffez comme c'est dit dessus. faut faire attention c'ai un peu chaud des fois

après je me suis dis qu'elle voudré un dessert alors j'ai fais du Jello, c'est pas très dur non plus faus faire chauffer l'eau et  après faus mélanger la poudre tout doucemant et mettre au frigo. parce que quand c'est chaud c'est tout liquide et c'est pas très pratique pour mettre la chantillie dessus.

Voila et comme en plus elle est un peu malade j'ai pensé a faire un truc un peu énairgétique, parce qu'elle a pas voulu prendre les pilule d'énergie que je done a Poupoune quant son poil est tout terne. alors je lui ai fais du jus d'orange.
C'est simple il faut mettre la poudre dans de l'eau (froide, attention c'est as comme pour les recetes d'avant ) et remuer.

après quand c'était près j'ai tout mis sur un plateau et je lui ai amené au lit.
Elle devais avoir très faim parce que juste après Phryne est arrivé avec encore plus a manger.

O_°

Je vait mettre un photo de furet aussi parce que c'est un peu comme les koala, :D c'est cromignon <3 <3 <3

04 février 2009

Je suis une femme libérée.

Enfin !

Libre !


Et quand je dis Enfin ! Je le dis en poussant un immense soupir de soulagement et en mouillant ma petite culotte de plaisir
Pour que vous compreniez il faut que je vous mette à jour, ah si seulement vous étiez omniscients : Jusqu'à cette après midi, j'étais fiancée.
Si
Je vous assure.
Avec Hermance de Grignan, 27 ans, promis à une belle carrière, grand, maigre, vicieux, méchant, libidineux, avec une tête de fouine, des oreilles décollées, et des yeux légèrement globuleux, et … eeuh, ah oui des furoncles dans le cou aussi. Ancien tyran de Votre Serviteuse (il me volait mes jupes) et accessoirement ami d'enfance de mon frère. Mais dieu merci, Calixte a mieux tourné. Il est beau, intelligent et fréquentable. Dommage, il paraît que je n'ai pas le droit de l'épouser.

J'étais fiancée, donc et croyez-le c'était bien malgré moi. Que voulez vous que je fasse d'un mari ?  Surtout de celui là ! Il faut s'en occuper, ne faire du sexe qu’avec lui, lui pondre une descendance (mélanger mes jolis gènes avec Hermance, quelle horreur…), tenir sa maison, l'écouter s'écouter et rester à jeun dans les soirées pour ne pas accidentellement faire une fellation à son patron (quoique si il veut une promotion ça peut servir). Bref, rien de bien affriolant.
Sauf si rendre mes parents heureux et les libérer du fardeau que je représente était un objectif majeur. Mais ce n‘est pas le cas.
J’ai tout essayé pour ne pas me retrouver la bague au doigt, mais rien n'y a fait. Mère s'était vraiment mise en tête de me faire épouser Hermance  et la mère de ce dernier est suffisamment abrutie à coup d'antidépresseurs et de gin tonic pour ne pas réaliser que, non seulement je ferais une épouse déplorable pour son fils, mais qu’en plus je fornique trois fois par semaine avec SON mari depuis notre rencontre. Monsieur de Grignan est beaucoup plus intéressant que sa progéniture, et il est bel homme, hihi, j'adore le dire : il est bel homme. Je le dis encore une fois : Il est bel homme. D'accord j'arrête. (Je suis un peu saoule, on a fêté ça vous pensez bien.)

 Hermance. Mon maudit.


Le jour du premier rendez-vous officiel j’ai vomi sur la robe YSL de sa mère. Mère a réussi à faire passer ça et toutes les absurdités que j’ai pu commettre durant ce mémorable repas  pour les conséquences d’une gastroentérite. (J’étais saoule évidemment mais Mère tient absolument à me caser d’une manière ou d’une autre, et elle est très forte à ce jeu là).

Quelques semaines après ce malheureux incident, je me suis retrouvée chez mes parents, avec Hermance un genou à terre me tendant une alliance au diamant minuscule. Je m'appliquais pourtant à être dans un état d'ébriété avancé à chaque fois que je devais paraître devant les Grignan, ça aurait dû les faire réfléchir de trouver leur future femme et belle-fille systématiquement ivre morte avant même le début du repas. Ben même pas ! Et ce soir là, j’avais beau voir double, je m’apercevais bien qu’Hermance avec son genou cagneux sur le parquet et son petit caillou,  avait l’air pathétique.
Mère pleurait presque, mais en fait je crois que c’était de soulagement, de me savoir enfin casée. Pour un peu elle m’aurait embrassée.
Père lui était trop occupé à parler affaire avec Monsieur de Grignan pour se rendre compte que sa petite fille chérie venait d’être mise entre les griffes d’un monstre ! Mais je lui ai pardonné depuis, il m’a offert une plus jolie bague, parce qu’il a quand même remarqué que j’avais l’air déçue.
J'ai bien essayé de vomir pour faire diversion avant qu’Hermance ne glisse la bague sur mon annulaire tremblant, mais les ricanements moqueurs que Calixte étouffait dans sa serviette m'ont empêché de me concentrer.

Et depuis ce soir maudit, j’ai vécu un enfer :

 Hermance arrivait chez moi sans prévenir, de préférence quand j’étais en train de menotter un de mes jeunes et vigoureux amants. A chaque fois il fallait que je m’interrompe pour le refiler à Griotte ou le mettre à la porte quand elle n’était pas dispo.

Il racontait à tout ceux qui avaient le malheur de le croiser que j’étais sa promise (si j’étais à sa place j’aurais essayé de rester discret sur ce sujet, c’est comme se vanter qu’on va être cocu trois fois par jour pour le restant de sa vie).

Il s’asseyait sur mon lit et m’expliquait en long en large et en travers comment il allait investir judicieusement ma part de la fortune familiale (oui, c’est pour ça qu’on devait se marier) et il espérait m’éblouir par son génie financier. En général j’allais chercher un dildo et j’attendais tranquillement qu’il décide que ce soit l’heure de partir en pensant à autre chose.

Il prétendait même avoir droit à mes faveurs et glissait ses mains toujours moites sur toutes les parties apparentes de mon corps. Beurk ! Il fallait à chaque fois que je lui rappelle que notre union n’était qu’un accord purement financier et qu’avec moi on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

Ca a duré des mois !  Pendant lesquels j’ai tout essayé pour m’en débarrasser:

Je me suis arrangée pour qu'il me surprenne nue avec son père en train de me lécher les orteils, le tout dans sa propre chambre espérant au moins un sursaut de fierté de sa part (monsieur de Grignan n’avait pas voulu enfiler de string, dommage, ça aurait fait plus d’effet). Il a peine cillé.

J'ai même volé quelques bijoux de famille à sa mère (enfin, autres que ceux qui sont sur son mari) : elle ne s’en est pas encore aperçue. Faut vraiment qu’elle arrête le lexomil.

J'ai "malencontreusement" mis le feu à un certains nombre des vêtements de la même en allant fumer une cigarette en cachette dans la buanderie pendant un repas interminable chez lui (je ne fume pas en fait, mais fallait bien trouver une excuse pour provoquer un incendie).

J’étais systématiquement en retard aux rendez vous, quand je ne les loupais pas, une fois j’ai même envoyé Griotte à ma place à un gala. Paraît que Poupoune, son furet, qu’elle avait pris comme fourrure, à fait un malheur !

J'ai aussi menacé ma mère de me faire nonne si elle me forçait à épouser Hermance (elle ne m'a pas cru, mais j’étais à bout ce jour là, j’étais presque sérieuse).

J’en passe et des meilleures. Mais  Hermance s‘accrochait à mon patrimoine comme un  morpion à son poil. J’avais presque fini par me faire une raison.

Jusqu’à semaine dernière. Ou là trop ! Ce fût trop !

J’étais au défilé Chanel en compagnie du Graphopathe, et comme je trouvais la collection chiante à mourir (trop de blanc, le virginal et moi ce n’est pas compatible) ( Gab’ lui bavait un peu) (Gab’ c’est le petit nom du Graphopathe, parce que Graphopathe, c’est un peu long à écrire des fois quand même.) j’ai regardé un peu autour et voilà que j’aperçois à ma droite Hermance et sa mère ! J’ai vu Hermance pointer la dernière robe du défilé, sur ses lèvres j’ai lu : celle-là ! Et sa mère d’acquiescer mollement.

Ca sentait le roussi.  Hermance qui choisit ma robe de mariée… Hideuse forcément. J’avais presque oublié qu’il faudrait aussi un jour que je l’épouse pour de vrai.

On a quitté la salle en douce, moi me cachant tant bien que mal derrière Gab’ (il est un peu trop mince pour me dissimuler entièrement) et je me suis dis que là il fallait vraiment, vraiment faire quelque chose.

C’est Calixte qui s’en est chargé. (Donc pour lire la suite, vous cliquez, faut vraiment tout vous expliquer)